essais, féminisme, lectures, véganisme

Mes lectures militantes de cet hiver

Mes lectures de cet hiver ont été essentiellement guidées par des questionnements éthiques liés au véganisme. J’avais besoin de creuser au-delà de mes connaissances sur les conditions d’élevage des animaux, d’en savoir plus sur le mouvement végane et ses fondements.

J’ai beaucoup aimé l’ouvrage d’Ophélie Véron Planète végane, que je suis également régulièrement sur son excellent blog Antigone XXI. A la fois très documenté et accessible, il est écrit de manière fluide, avec beaucoup d’empathie pour le lecteur qui ne se sent pas jugé quel que soit le stade de son engagement. J’ai particulièrement apprécié la partie « les clefs d’une communication végane réussie » qui aide à comprendre, sur des bases de psychologie sociale, et au-delà du concept fréquemment mobilisé de dissonance cognitive, pourquoi certaines personnes n’entendront jamais les arguments en faveur du véganisme. J’ai aimé également les conseils pratiques pour « vivre » son véganisme dans différents contextes (amicaux, familiaux, professionnels…) et les tableaux recensant les marques de cosmétiques et vêtements véganes, auxquels je peux me référer pour mes achats. L’ouvrage n’est pas simplement utilitaire, il couvre le sujet du véganisme dans ses dimensions historique, écologique, éthiques, alimentaires, avec une bibliographie conséquente dans laquelle j’ai pioché plusieurs références pour mes futures lectures.

L214, une voix pour les animaux, de Jean-Baptiste Del Amo, ne se lit pas d’une traite, tant le propos est dense. A travers des témoignages de militants, il retrace l’histoire de l’association, ses évolutions structurelles, ses choix d’action. Les récits des immersions dans les élevages et les abattoirs nous plongent dans une réalité sans fards. Les nombreux manquements à la législation des abattoirs français, filmés et médiatisés par l’association, sont décrits avec précision, qu’il s’agisse des gestes effectués par les personnels des abattoirs comme des situations de grande souffrance auxquelles sont confrontés les animaux lors de leur mise à mort. Ce livre, en plus de retracer l’histoire de L214, présente à la fois un état des lieux détaillé sur les conditions actuelles d’élevage et d’abattage, ainsi qu’une somme d’informations sur la sentience animale. Un document précieux ! Les récits biographiques des engagements des militants permettent de mesurer la diversité des parcours et de témoigner tout en nuances du passage de la prise de conscience individuelle à l’insertion dans le collectif. Car si la cause est partagée, chaque engagement se pense et se vit différemment.

La parution du Que sais-je Le véganisme, des chercheur.e.s Renan Larue et Valéry Giroux, m’avait ravie, je suis enthousiaste de voir des éditions universitaires se saisir de cette question. Cela témoigne d’une reconnaissance scientifique de cette école de pensée et me semble très prometteur pour un développement à venir des vegan studies en France. Je me suis d’ailleurs empressée d’acheter La révolution antispéciste, paru en janvier aux mêmes Presses Universitaires de France sous la direction de Yves Bonnardel, Renan Larue et Thomas Lepeltier. Il est en bonne place dans ma pile à lire ! Honnêtement, étant donné son volume et le caractère synthétique de la collection, je ne m’attendais pas à en apprendre autant à la lecture de cet ouvrage. Il ne présente pas seulement un historique du mouvement végane et de ses motivations, il revisite également l’éthique animale et interroge les controverses autour du véganisme, comme celles liées au consumérisme végane. Tout ceci bien sûr de manière condensée et accessible, avec de nombreux renvois à des parutions scientifiques francophones et anglophones sur la question. J’ai apprécié la proposition extensive du veganisme – que je partage totalement – en fin d’ouvrage : « Le véganisme bien compris implique (…) de se soucier autant des malheurs des animaux que nous nous préoccupons – ou devrions nous préoccuper – du sort de nos congénères. » La messe est dite.

Côté lectures féministes, gros coup de cœur pour Paroles d’honneur de Leïla Slimani et Laetitia Coryn, découvert grâce au projet Fémini-books. Il s’agit d’un roman graphique proche du documentaire dans lequel le lecteur suit les rencontres de l’autrice avec des femmes marocaines. A travers leurs témoignages, on découvre quelles oppressions sociales conditionnent et enferment la sexualité des femmes marocaines, mais également celle des hommes. La booktubeuse Opalyne en a fait une revue détaillée dans le cadre du Fémini-books. Cet ouvrage est riche d’apprentissages sur la place de la femme dans la société marocaine. Les dessins réalistes et colorés de Laetitia Coryn sont un plaisir pour les yeux et participent pleinement à l’immersion dans la culture marocaine.

Le hors-série du Monde ELLES bousculent le monde : 100 portraits de femmes engagées présente une centaine de portraits de femmes inspirantes de toutes nationalités. Artistes, médecins, écrivaines, militantes associatives, elles sont toutes engagées pour faire progresser les droits, la justice, les libertés. Une lecture extrêmement inspirante, qui booste l’envie de militer pour les causes qui nous tiennent à coeur !

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