réflexions

S’investir dans un supermarché coopératif

Depuis un peu plus d’un an, je suis coopératrice dans un petit supermarché dont j’ai acheté des parts sociales et où je travaille 3 heures par mois. J’avais envie de partager ici ce qui me plaît dans ce concept et mon expérience, qui pourra peut-être être utile à celles et ceux qui hésitent à s’y investir.

Qu’est-ce qu’un supermarché coopératif et participatif ?

Ce sont des supermarchés autogérés à but non lucratif. Ils ne visent pas l’enrichissement d’un dirigeant ou d’actionnaires. Le système est coopératif dans la mesure ou tout.e coopératrice/eur travaille 3h par mois dans le supermarché, ce qui permet de limiter les coûts de fonctionnement et donc les marges en rémunérant les producteurs au juste prix et de proposer des prix plus bas en magasin. Les bénéfices sont investis pour l’achat d’équipement, etc. et le supermarché emploie quelques personnes. Chaque coopératrice/eur acquiert à son inscription des parts sociales (par exemple 100 ou 10 euros selon les revenus au Superquinquin, à Lille). Seul.e.s les coopératrice/eur.s peuvent faire leur course dans le supermarché.

Les objectifs de ce type d’initiative sont multiples. C’est déjà payer moins cher des produits de qualité, et notamment le bio (et l’agriculture raisonnée), et donc pouvoir se permettre d’acheter des produits meilleurs pour notre santé et l’environnement. C’est aussi décider de l’origine des produits, choisir les producteurs et fournisseurs de proximité et contribuer au maintien d’une agriculture locale de qualité.

Le premier supermarché du genre a vu la jour à New York dans le quartier de Brooklyn dans les années 1970 : le Park Slope Food. Ce reportage explique l’histoire et le fonctionnement de la coopérative, qui compte aujourd’hui tant de coopérateurs (16 000) qu’il ne peut plus en intégrer de nouveaux. Un documentaire très intéressant a été réalisé sur ce supermarché : Food Coop.

Depuis 2017, plusieurs supermarchés coopératifs ont ouverts en France : la Louve à Paris, Supercoop à Bordeaux, Super Cafoutch à Marseille, Superquinquin à Lille…

Mon expérience de coopératrice

La principale difficulté pour intégrer ce type d’initiative reste la disponibilité. De nombreuses personnes de mon entourage, bien qu’intéressées par le concept, ne réussissent pas à se libérer 3h par mois. De mon côté, malgré un emploi du temps chargé et difficilement prévisible à l’avance, avec des déplacement et des horaires variables, je n’ai manqué qu’une fois mon créneau de travail à cause d’un imprévu. Le fait de travailler une partie de mon temps à la maison facilite mon organisation. Je pense qu’une forte adhésion au projet génère de fait une grande motivation qui me permet de trouver le temps disponible.

Concernant le déroulement des créneaux de travail, je suis amenée à faire la même chose qu’une employée de supermarché, la pression en moins. Selon les besoins du jour, ce peut être décharger les camions de livraison, vérifier les commandes, organiser les stocks, remplir les rayonnages, vérifier les étiquettes de prix, tenir la caisse, remplir le vrac, vider le compost, renseigner les potentiels nouveaux adhérents… Les commandes et la gestion des agendas sont tenus par des salariés et services civiques.

Les équipes peuvent comporter jusqu’à 8 personnes de tout âge, de l’étudiant au retraité. Chacun effectue les tâches compatibles avec sa condition physique.

Ce qui me plaît dans ce projet

En vrac :

  • le côté artisanal, on expérimente, on teste et on met les choses en place au fur et à mesure
  • côtoyer des personnes du quartier et mieux connaître le réseau local
  • travailler en équipe avec des personnes différentes, de tous âges et de tous milieux
  • bien sûr, payer les produits moins chers que dans les magasins bio que j’avais l’habitude de fréquenter
  • trouver des produits de qualité et de proximité, consommer de manière consciente et éthique
  • faire une activité manuelle et/ou relationnelle

Les supermarchés coopératifs sont une initiative citoyenne à laquelle je crois et suis heureuse de participer. Proposer des conférences et des ateliers de cuisine fait partie de leurs objectifs. Ils proposent une alternative permettant de rendre les citoyens acteurs de leur consommation.

Mrs Abernathy

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