réflexions

Développement personnel et égocentrisme

Depuis le début de mon blog, j’ai ce sujet d’article en standby avec quelques idées et un ressenti que j’avais du mal à formuler. Avec le boom du « développement personnel », on a tous autour de nous des personnes qui organisent leur vie autour de ça. Se lever tôt, méditer, faire du sport ou du yoga… Les chaînes et blogs orientés sur ce sujet – qu’ils monétisent ou non leurs conseils – foisonnent depuis quelques années.

L’explosion de cette tendance me laisse perplexe. Notre société dysfonctionne-t-elle au point que nous ayons besoin de mettre en œuvre des stratégies particulières pour nous sentir bien ? De lire des tas de bouquins sur le sujet ? De mettre en place des rituels journaliers pour nous retrouver et nous accomplir ?

Pourquoi ne pas nous interroger sur la vie que nous menons et le sens que nous lui accordons plutôt que de chercher à surnager avec l’aide de ces rituels ? Pourquoi ne pas aller chercher dans l’art, la littérature, la connaissance, l’amitié, l’amour, la compassion, un équilibre et l’inspiration pour avancer dans la vie  ? Pourquoi ne pas œuvrer pour une société plus juste et moins anxiogène ?

Finalement, ce n’est pas le développement personnel en lui-même qui me gêne, parce qu’il est tout à fait normal de penser à soi et de rechercher le bonheur, mais la manière dont il est présenté comme une fin en soi, un mode idéal d’être au monde, sa visibilité exacerbée sur le web et dans les rayons des librairies qui rend ses méthodes injonctives et culpabilisantes. J’ai d’ailleurs adoré l’article de Banana Pancakes sur le Miracle Morning !

Comme l’explique Antastesia dans sa vidéo Développement personnel et luttes sociales, l’appropriation culturelle, par cette tendance, de différentes formes de philosophies et religions asiatique, est problématique, tout comme le fait que tout cela occulte les difficultés socio-économiques et psychologiques à l’origine de notre mal-être quand il faudrait plutôt chercher à les résoudre. A une époque où le lien social a tendance à se déliter, où les inégalités ne cessent de se creuser, le développement personnel devient le symbole d’une société égocentrique, pratiquant l’évitement et incapable de se projeter à long terme, un pansement sur une plaie ouverte.

Mrs Abernathy

 

8 réflexions au sujet de “Développement personnel et égocentrisme”

  1. Je suis vraiment très contente de voir que les article sur le sujet se multiplient ! Je ne sais pas si tu les suis, mais j’ai lu deux articles pas mal notamment récemment : celui du blog Bloody Lucy et celui du Blog Bleu… (je les ai partagés dans ma dernière revue du web)

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    1. Oui je viens de les lire, merci pour la découverte ! (et je n’ai pas encore fini de consulter tous les liens de ta très riche revue, dont les sujets m’intéressent beaucoup !) J’ai l’impression qu’on arrive à un point de saturation, trop de contenus sur cette thématique au détriment de sujets qui mériteraient d’être plus largement débattus. ..

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      1. Je vois ce que tu veux dire, mais parler du développement personnel peut être un moyen de rebondir pour rediriger la réflexion vers autre chose, ce que fait bien la vidéo d’Antastesia que je viens de regarder d’ailleurs

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  2. C’est vrai que pour beaucoup, on dirait que le développement personnel doit être casé dans leur emploi du temps, exactement comme si c’était un travail limité dans le temps. «J’ai yoga à telle heure», «Demain je vois mon coach de DP !».
    À mon sens, c’est effectivement dans la direction d’une VIE globalement équilibrée qu’il faut tendre, je te rejoins là-dessus.
    Néanmoins, nous sommes tellement dans une société où tout passe par la monétisation et la valeur des choses que simplement proposer une balade en forêt pour admirer la lumière et les mousses ne provoque pas forcément un enthousiasme fol.
    En revanche, j’ai beaucoup d’espoir pour ma génération, celle qui entre actuellement sur le marché du travail car je nous trouve plutôt débarrassés de la contrainte de la rentabilité (pour beaucoup). J’ai moult d’ami.e.s qu préfèrent gagner peu mais s’épanouir dans une passion à côté (skate, jardinage, bénévolat, lecture …) plutôt que de fonctionner à l’inverse : gagner plein d’argent et pouvoir se payer plein de coach …

    Chouettes réflexions en tout cas, merci !

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    1. Tout à fait d’accord avec toi. C’est aussi le cas de personnes de ma génération à qui on en demande toujours plus professionnellement, qui finissent par frôler le burn-out quand elles ne le subissent pas de plein fouet, et reconsidèrent alors leurs priorités…

      J'aime

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