réflexions

Travail – passion – aliénation

Plusieurs personnes dans mon entourage ont souffert ces dernières années d’un burn-out nécessitant des mois, des années d’arrêt, voire un arrêt définitif de leur activité professionnelle. Je vois également autour de moi de plus en plus de personnes en souffrance dans leur activité professionnelle, et pas seulement dans le secteur privé mais aussi dans la fonction publique. Dans l’université où je travaille, la rationalisation administrative et financière a des répercussions importantes sur la santé physique et mentale du personnel, qu’il agisse du personnel administratif comme des enseignants-chercheurs.

De mon côté, je pensais, avec les années d’expériences, être de plus en plus organisée et efficace dans mon travail, de moins en moins stressée et surinvestie, mais je ne peux que constater que c’est l’inverse qui se produit. La charge de travail est en augmentation constante et les moyens donnés pour l’accomplir en constante réduction. Je suis de plus en plus fréquemment dans la frustration, l’anxiété, le sentiment de ne pas être à la hauteur. Si j’ai ouvert ce blog il y a quelques mois, c’est en partie pour m’échapper de tout cela et trouver un peu de sens ailleurs que dans un métier qui me passionne et me consume à la fois.

Alors je commence à réussir à dire non : non aux heures de cours supplémentaires, non à des responsabilités pédagogiques supplémentaires, non au dépôt de projets de recherche chronophages, non à des tas de colloques et publications dont les thèmes m’intéressent mais que je n’aurais pas le temps d’honorer avec qualité, non à de nouvelles qualifications qui me rajouteraient des tâches. Tout cela reste culpabilisant. Parce que dans le monde de l’enseignement et de la recherche, on fait son travail avec passion, on ne compte pas ses heures, la compétition est de rigueur. Sauf que la passion n’enlève pas le stress, la lourdeur de la gestion administrative universitaire, la pression de l’évaluation des chercheurs.

Mais il n’est pas question que de la charge de travail. L’importance que nous accordons au regard des autres, l’évidence d’une carrière ascendante avec des prises de responsabilités constantes, l’accomplissement que nous attendons du travail. Tout cela peut être remis en question pour vivre notre métier sereinement.

Pour cette nouvelle rentrée, j’ai donc pris des tas de bonnes résolutions :

        • Réduire mes heures sup au maximum, personne n’est irremplaçable ;
      • Ignorer les nouveaux appels à projet ou à publication pour me concentrer sur mes projets en cours  ;
      • Être moins souvent dans l’urgence en planifiant et anticipant au mieux mes journées, semaines, mois.
  • Faire des To-Do List « réalistes », qui sont assez efficaces chez moi pour éviter de me sentir surmenée et réduire mon anxiété.
  • Supprimer mon mail pro de mon smartphone, mes collègues peuvent me joindre par texto ou téléphone en cas d’urgence ;
  • Ne pas répondre aux mails pro le week-end et mettre un message d’absence signifiant clairement que je suis en off le week-end, comme je le fais déjà pendant mes vacances ;
  • Limiter mon temps d’écran, par exemple en lisant sur papier ou en tenant un agenda papier.

Et vous, comment gérez-vous votre rapport au travail ?

Liens utiles

https://mrsabernathy.com/2018/08/21/souvrir-a-soi-se-fermer-aux-autres/

http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Burn-out/Articles-et-Dossiers/Burn-out-prevenir-l-epuisement-professionnel

Le burn-out d’un prof de lycée : https://hussardnoirenzep.wordpress.com/2018/05/15/burn-out/

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